04.10.2010

Gran moun y echwe, jen yo dejwe

Dans quelques semaines, le 28 novembre, les haïtiens se rendront aux urnes pour les élection présidentielle et législatives (députés et sénateurs). En Suisse, avant mon départ, il était surtout question de la candidature de Wyclef Jean, invalidée désormais. Il y a eu des appels, des réexamens, mais cette fois-ci c’est certain, Wyclef ne sera pas candidat (mais les slogans de sa non-campagne sont toujours sur les murs de Hinche, « Fas A Fas », de même que les t-shirts arboré fièrement).

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Sur les 34 personnes ayant déposé leur dossier en vue d’être candidats, reste 19 candidats validés, dont un autre musicien, Michel Martelly, aka Sweet Micky (dont j’ai écouté un morceau et qui va certainement profité d’un report de vote des fan de Wyclef). Un record selon les dires des haïtiens.

En discutant autour de moi, j’ai observé que les jeunes sont nombreux à ne pas souhaiter aller voter. Il ne s’agit pas d’un désintérêt complet pour la chose politique, puisque certains d’entre eux ont déjà voté et la grande majorité ont leur carte électorale. Il s’agit plus d’un sentiment de corruption généralisé d’abord, d’un désamour pour les candidats ensuite, malgré leur grand nombre. Corruption généralisé car très souvent quand je demande qui est la personne sur l’affiche, histoire de me renseigner, on me donne son nom, et avant même de me donner le nom de son parti on me raconte telle ou telle somme qu’il aurait déjà détournée. Désamour car la population ne se reconnaît pas dans les candidats et leur programme, pour autant que j’aie pu en juger (très souvent, ils ne seraient pas capables de se reconnaître, puisqu’ils ne connaissent tout simplement pas les programmes…).DSCN0199.JPG

J’ai moi-même essayé de me renseigner sur les candidats, et pour le moment, je ne sais rien. A part la candidature du chanteur de kompas, que je connais parce que l’on m’a crié par dessus la musique « tu entends, lui, il est candidat », tout ce que je sais provient des médias que j’ai consulté en Suisse.
Courrier International a publié plusieurs articles à ce sujet, dont une citation de l’écrivain haïtien Lyonel Trouillot issue du Nouvelliste, un quotidien haïtien (introuvable ici à Hinche), qui considère la candidature de Wyclef Jean comme le signe d’ « un vide politique » qui « témoigne de l’échec des classes dirigeantes d’Haïti qui n’ont aucun pouvoir ». Le même Nouvelliste considère dans un édito le succès de Wyclef comme un signe d’une société coupée en deux, d’une fracture inquiétante entre les jeunes et les élites du pays, et comme un avertissement addressé à tant de crétinisme politique…
Du 23 au 27 août, juste avant mon départ, Un dromadaire sur l’épaule, l’émission de La Première, a proposé une série de cinq émissions de une heure chacune, dont la dernière sur l’avenir d’Haïti. Pour l’occasion, ils ont interviewé « Monsieur Reconstruction » selon leurs mots, Leslie Voltaire, par ailleurs candidat et architecte. Une position claire : la décentralisation. Et une volonté d’utopie. A écouter.
J’avais aussi lu qu’un des candidats est l’actuel ambassadeur d’Haïti aux Etats-Unis, mais rien de plus.

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Ici, dans les médias (ce qui signifie : à la radio, puisque pas de télé ni de kiosques à journaux à Hinche, mais je vais bientôt m’abonner au Nouvelliste), il est surtout question pour l’instant du Conseil électoral provisoire (CEP) et du travail de la police national (PNH) pour assurer la sécurité des candidats et des électeurs (et de divers appels au vote, dont


podcast

une chanson pour une précédente élection). La PNH a définit des zones rouges, où des risques de débordements étaient à prévoir et selon son chef un certain nombre de ces zones sont dans le Plateau Central, précisément où je me trouve. Je me suis renseigné dans la rue sur les risques potentiels pendant la campagne, et on m’a raconté qu’il y en avait beaucoup. J’ai alors demandé un exemple et le seul que j’ai obtenu, c’est le caillassage de maisons de candidats. Sachant que je ne suis pas candidat et que je n’en connais pas, ma sécurité personnelle est donc assurée !

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L’actualité de la semaine, c’est la fin de la période de déclaration pour les cartes électorales et le début officiel de la première partie de la campagne.
Depuis le début de la semaine passée, il n’est plus possible de demander une carte électorale pour ceux qui l’auraient perdu ou qui auraient atteint leur majorité. Les derniers jours ont vu une foule d’haïtiens assahir le « bureau d’identification » de Hinche pour faire officiellement la demande d’une carte d’électeur. La gouvernement a garanti que si la demande était faite avant cette date, le citoyen pourrait voter en novembre.

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Simultanément, depuis le 27 septembre, le début de la campagne officielle a été annoncé. Il est désormais possible de coller des affiches dans la rue. Les interventions radio et les meetings seront pour la deuxième phase de la campagne, entre fin octobre et début novembre.

Pour l’instant, les candidats les plus en vue pour l’élection présidentielle sont Baker (industriel fortuné), Sweet Micky (vous connaissez déjà) et une femme, Mirlande Hyppole Manigat, professeure de droit, doyenne d’une université de Port-au-Prince et spécialiste en droit constitutionnel, souvent perçue comme un peu distante et éloignée des préoccupations du peuple (mais ceci se fonde sur un échantillon absolument non représentatif). Leslie Voltaire, seul candidat dont je connaissais le nom avant de regarder la liste, est en bas de palmarès, « trop intello », toujours selon le même panel arbitraire d’électeurs.

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Commentaires

Aux dernières nouvelles, Manigat est numéro 1 des intentions de vote (la radio, ce matin).
Sweet Micky dans les 4 premiers.

Ecrit par : Antonin | 05.10.2010

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