13.04.2012
De quel côté votent les rieurs ?
L'expression favorite des journalistes politiques français en cette période d'élections présidentielles, et peut-être la stratégie des candidats, semble être de "mettre les rieurs de son côté".
Ça n'avait pas l'air de rigoler franchement hier soir à Des paroles et des actes sur France 2 si l'on en croit Le Monde, qui parle de tension glacée. Partout ailleurs, en France, qu'est-ce qu'on rigole, surtout avec les candidats à la présidentielle :
Il y a d'abord Le Monde et Raphaëlle Bacqué qui parlent du clip de campagne officiel de Philippe Poutou.
Une parodie foutraque et amusante de "Questions pour un champion" où deux joueurs munis d'un gros buzz en caoutchouc parviennent à grand peine à deviner le nom de ce "candidat ouvrier dans l'automobile qui demande l'interdiction des licenciements avec la semaine avec 32 heures". Pourtant, malgré ce petit succès qui a mis les rieurs de son côté, il paraît ne pas en mener large.
Toujours dans le Monde, et par une autre journaliste, Alexandre Lemarié, on apprend que Sarkozy s'oppose à la volonté de Holllande de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace et présente en meeting un parallèle avec la catastrophe de Fukushima :
Et d'ajouter pour mettre les rieurs de son côté : "Franchement, je n'avais pas imaginé le risque immédiat de tsunami sur l'Alsace !"
Marianne2, et les mots de Coralie Delaume, nous rapporte un débat Hollande-Copé :
Cela a d’ailleurs été l’occasion, pour Hollande de renouer avec sa célèbre drôlerie et de mettre les rieurs de son côté en lançant à son contradicteur « Vous n'allez pas être jugé sur cette émission, Monsieur Copé. Vous préparez 2017, vous avez le temps ! »
Le Point et Ségolène De Larquier nous rapporte la lettre de Sarkozy au français, où il présente son programme pour les 5 prochaines années s'il est élu, peu après Hollande, qui avait présenté, lui, ses actions pour sa première année de mandat
"Moi, je m'engage pour cinq ans, pas pour un an (...) Il présente ses réformes pour la première année. Et la deuxième année ? C'est la pochette-surprise ?" ironise-t-il. Tentant de mettre les rieurs de son côté, il poursuit sur le même ton : "À 18 h 58, on sait même que Hollande dépensera tout l'argent promis ! Fabius a été bon élève : il se rattrape pour tout le mal qu'il a dit du candidat socialiste."
Marcelo Wesfreid dans l'Express se demande si François Hollande va perdre, et le cite quand il attaque "le grand prometteur" Sarkozy :
"Vous y croyez, vous, à ces promesses?" lance Hollande à 3 000 supporters exaltés, massés sous un chapiteau balayé par le vent à Saint-Joseph (la Réunion), le 1er avril. La foule lui répond "non" en choeur. "Ah! je ne suis pas le seul à le penser alors", reprend au bond l'orateur, mettant les rieurs de son côté.
Et la palme du metteur de rieurs de côté revient à François Hollande si l'on en croit Rue89 qui présente un recueil de ses meilleurs blagues (Mathieu Deslandes, L'humour de François Hollande en huit leçons). Et évidemment...
"(...) le premier secrétaire met les rieurs de son côté.
Reste à savoir pour qui voteront les rieurs (mais Hollande semble bien parti).
En 1981, ils étaient 16% à voter Coluche dans les sondages. Son slogan : "Jusqu’à présent la France est coupée en deux, avec moi elle sera pliée en quatre !"
14:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles françaises, presse, médias, rieurs, journalistes, sarkozy, poutou
12.01.2012
Haïti, un an après
Vous l'aurez tous lu ou entendu dans la presse : c'est l'anniversaire du tremblement de terre en Haïti. Les articles se succèdent sur la reconstruction, le nouveau président, l'efficacité de l'aide humanitaire. On se rappelle soudainement Goudou-Goudou et ses conséquences, et l'on en profite aussi pour découvrir d'autres facettes du pays, par exemple cet article du Monde Magazine sur les nantis d'Haïti.
Mais pour moi, c'est un peu avant qu'Haïti est revenu à ma mémoire, d'abord par des photos de voyage qu'un ami a ramené d'un séjour de deux semaines dans le Plateau central, ensuite par un livre que l'on m'a offert récemment, "Tout bouge autour de moi" de Dany Laferrière. C'est le récit par un écrivain haïtien des minutes, des jours et des mois qui ont succédé le tremblement de terre. Un témoignage de ce qu'il a vu, publié un an après.
Dans mon esprit, ce n'est pas les deux ans du tremblement de terre, mais le premier anniversaire de mon retour de Hinche, depuis lequel je n'ai rien écrit sur ce blog. Je ne suis pas Dany Laferrière, je n'ai pas écrit un récit un an après, mais ces différentes lectures m'ont rappelé mes articles, rédigés dans ces cybercafés de Hinche, péniblement, pendant que j'envoyais les photos sur mon compte Flickr, les sons de la rue sur Sur le chemin de l'école et les spots radio sur Gran moun y echwe, jen yo dejwe. Rappelé ne veut pas dire relu, je n'oserais pas. Mais cela m'a donné envie de les compiler, sans les relire, pour faire revivre brièvement ce blog, pour me rappeler Hinche, ne serait-ce que par les titres des articles, et peut-être aussi pour donner une autre idée de Haïti, celle de Hinche et du Plateau central, non touché par le tremblement de terre, sans gravats.

20h de TF1 du 12 janvier 2012
Le carnet de voyage :
- Sur le chemin de l'école
- Gran moun y echwe, jen yo dejwe
- Gen plas pou tout moun
- Istwa yon chval ki te soufri anpil
- Choléra, choléra pas ?
- 1803 Redux
- La campagne en province
- Aux urnes !
- Ki sa kok la di ?
- Emission sur Haïti
- Aytien se dyab
- Ma semaine à Hinche
- L'école au milieu du désert
Le créole haïtien :
23:39 Publié dans Haïti | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.02.2011
L'école au milieu du désert
"On pouvait rentrer en connaissant mieux les choses qu'on devait construire. Il rentrerait avec un intérêt plus grand et plus vif pour l'école, non pas considérée simplement comme un endroit où les enfants apprenaient à lire, à écrire et à compter, mais comme un lieu aussi où les préparer à vivre, quel que dût être leur destin. Oh! que l'on donnât de l'instruction à son peuple, des écoles par tout le pays où construire quelque chose qui fût utile à ces enfants lorsqu'ils s'en iraient dans les grandes villes, quelque chose pour remplacer la loi et la coutume de la tribu. Pendant un moment, il se berça de visions, comme il arrive à l'homme au milieu d'un désert de cendres et de ruines."
"Pleure, ô pays bien-aimé", Alan Paton
via PAPADU
03:28 Publié dans Haïti | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

